L'image de la femme et les violences symboliques à son égard au Maroc
V. La mobilisation de la société civile en faveur de l’éducation à l’égalité
De juillet 1997 à octobre 1998, le dossier de l’éducation à l’égalité était grand ouvert. Plusieurs initiatives ont été entreprises à l’instigation des organisations non gouvernementales pour contribuer à atténuer cette reproduction des symboles qui tendent à maintenir la femme dans une situation aux antipodes de son vécu.
Les O.N.G. qui ont focalisé pendant longtemps, à juste titre d’ailleurs, leurs actions sur la réforme de la Moudawana — car la prééminence inconditionnelle de l’homme doit connaitre des limites — se sont rendues compte à la lumière de l’expérience et de l’évolution de la société, que l’éducation est la clef de voùte de la prise de conscience. Elle est d’une importance capitale mais ne doit pas se limiter uniquement à l’éducation scolaire vu la complexité de la problématique.
Elles ont estimé nécessaire d’orienter les efforts vers les fondements des attitudes négatives qui alimentent la violence symbolique dont la femme est victime, en démonter les mécanismes et définir d’autres stratégies pour poursuivre leur lutte pour l’égalité en menant des actions dans le sens d’influer sur les mentalités.
Il s’agit là d’un défi qui ne peut etre relevé que par l’implication des forces agissantes de la société. C’est dans ce sens que les ONG ont dirigé leurs efforts. Une synergie s’est créée entre associations féminines et de droits humains ayant pour cible les jeunes, les femmes, les médias...
Des actions ont déjà été menées auparavant avec comme credo l’éducation à l’égalité notamment lors des deux universités de printemps organisées par l’ADFM en 1994 et en 1996 respectivement sous le thème "les Droits des femmes" et "Jeunesse et citoyenneté".
Ces deux forums s’inscrivent, en effet, dans l’objectif de sensibiliser femmes, hommes et jeunes sur les droits de la femme comme citoyenne a part entière, les convaincre que la question de la femme est celle de toute la société et renforcer chez eux le sentiment d’appartenance à la société civile.
C’est dans cet esprit d’ailleurs que s’inscrit le projet "Education à l’égalité", objet de l’accord que l’ADFM a signé le 13 juillet 1998 à Rabat avec le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population (FNUAP). La sensibilisation des détenteurs de décisions et des éducateurs à l’importance de l’intégration de la notion d’égalité entre les deux sexes, l’initiation des générations à ce concept à travers l’organisation d’ateliers et l’élaboration d’un guide sur l’éducation à l’égalité figurent parmi les projets à réaliser selon les termes de cet accord.
La problématique est également au centre des travaux du séminaire organisé à Salé du 3 au 6 septembre 1998, sous forme de conférences, cours et ateliers, par l’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme (OMDH) en collaboration avec le Centre d’appui pour les jeunes en matière de droits humains (CODAP). 25 jeunes de 15 à 28 ans ont bénéficié d’un stage de formation de 4 jours visant à les inciter à contribuer à la diffusion et l’application des principes contenus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et à apporter une aide théorique à la mise en place de stratégies de diffusion et d’enracinement d’une culture de respect de ces droits.
C’est dans cette meme optique que se situe aussi la rencontre qui a eu lieu les 28 et 29 mars 1998 à Fès à l’initiative de l’Association des Groupes d’Amnesty International au Maroc qui a préconisé dans ses recommandations la mise en place d’une stratégie d’information nationale pour assurer l’éducation en matière des Droits des femmes et modifier l’image négative de la femme véhiculée notamment par les spots publicitaires et les feuilletons télévisés.
Dans cet ordre d’idées, la rencontre a appelé à une abrogation des textes de loi consacrant la discrimination frappant la femme, à l’épuration des manuels scolaires de toute image consacrant san infériorisation ainsi que la participation des ONG concernées à l’élaboration de nouveaux programmes scolaires.
Le Comité de Défense des Droits de l’Homme (CDDH) a quant à lui mis l’accent sur les méthodes d’enseignement des Droits de l’Homme. Sous l’intitulé "l’éducation par les droits de l’Homme", les participants à une rencontre organisée à son initiative à Marrakech, juristes et spécialistes en sciences de l’éducation, ont insisté, entre autres, sur l’intérèt de dépasser la méthode d’enseignement classique, qui se contente d’informer, et estiment nécessaire d’initier les élèves à la discussion libre et à la critique responsable.
La création de mécanismes pour l’adéquation des lois marocaines avec les lois internationales, l’élaboration d’une stratégie pour garantir les droits légitimes des femmes, tels étaient les volets principaux des recommandations issues des travaux de l’Université d’été de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH). Celle ci s est déroulée le 17 juillet 1998 sur le thème "les Droits de la femme, citoyenneté et égalité".
"Femmes et changement" fut, le 16 avril 1998, l'objet d'un débat organisé par l'Associàtion des gestionnaires et formateurs de personnel (AGEF), avec la participation de militantes du mouvement associatif féminin, notamment I'ADFM, Solidarité féminine et Amale. Des femmes occupant de hautes responsabilités dans le monde de la finance, un cinéaste, une avocate et le directeur du journal la Nouvelle Tribune, co-organisateur de la rencontre, figuraient parmi les animateurs. Le débat a été axé sur les moyens à mettre en oeuvre pour rendre plus visible l'apport des femmes en tant qu'acteurs du processus de changement et de progrès. Les participants se sont déclarés persuadés que le changement avant de devenir réalité devait d'abord s'exprimer dans les pensées, l'attitude et le comportement des hommes, mais aussi au niveau des rapports sociaux, car l'inégalité sexuelle est, souvent, le fruit de l'ignorance, des préjugés et de la misère.
Animée par cette meme volonté de contribuer à l'éducation à l'égalité, l'association Afak civisme et développement a mené des actions d'envergure en matière d'éducation du citoyen, parmi lesquelles un programme organisé en partenariat avec le ministère de l'Education nationale sur le thème "civisme à l'école ". Mené dans trois écoles pilotes à Rabat, ce programme est destiné, entre autres, à sensibiliser les élèves aux droits et devoirs du citoyen et au respect de l'autre.
Afak a également contribué à la lutte contre l'analphabétisme par l'édition d'une cassette audio d'éducation intitulée "il faut deux mains pour applaudir ". En 1998, l'éducation à la citoyenneté a été l'un des axes sur lesquels s'est articulée son action. Un spot radiophonique sous forme de sketch a été réalisé et diffusé du 30 novembre au 19 décembre. A travers un dialogue entre deux hommes dans un avion piloté par une femme, l'association a réussi à exploiter ce créneau pour faire passer d'une manière intelligente son message destiné à démontrer l'inanité des poncifs qui font de la femme un etre inférieur et sa capacité d'exercer des métiers "pour hommes".
L'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH), les ministères de l'Education nationale et des droits de l'Homme se sont réunis en vue d'évaluer les moyens à mettre en oeuvre pour promouvoir l'éducation aux droits humains dans le système éducatif. Le séminaire tenu à cet effet, les 6, 7 et 8 novembre 1998 à Rabat, avec le concours de l'Union européenne, s'est assigné plusieurs objectifs s'appuyant essentiellement sur l'enseignement et le système éducatif. Aussi cette rencontre a-t-elle permis, dans un premier temps, l'évaluation des programmes éducatifs de l'OMDH et de l'ensemble des composantes de la société civile sur la base référentielle universelle des Droits de l'homme en matière d'éducation. Un programme national dans le domaine de l'éducation qui prendrait en considération toutes les formes d'éducation devrait voir le jour. Il concernera les manuels scolaires et les méthodes d'enseignement. A cette occasion, l'ADFM a présenté, dans le cadre du volet consacré aux expériences des ONG, son action et ses réalisations en matière d'éducation à l'égalité.
Pour clore son programme annuel de formation, d’information et de sensibilisation le Centre pour le leadership féminin (C.L.E.F.) a organisé le 17 juillet à Casablanca une conférence-débat sur le thème "Parité et/ou quota: mécanismes pour promouvoir les droits des femmes". Parmi les résolutions adoptées à l’issue des débats figure la sensibilisation de l’opinion publique aux droits de la femme, notamment en menant des actions de proximité auprès de la population.
L’ensemble de ces actions a le mérite d’aborder les rapports des sexes à partir d’une approche visant l’univers mental de la communauté et de susciter un début de prise de conscience sur le handicap que représente pour le développement du pays le maintien de la femme dans un statut inférieur. Les résistances à admettre l’égalité sont en effet très fortes et les stéréotypes fondés sur la supériorité naturelle de l’homme très tenaces. Donc, agir dans le sens du renforcement de l’éducation sur la base du respect des droits humains, insister sur leur universalité et indivisibilité permettraient d’aboutir à moyen et à long termes à une évolution des mentalités.
Cette approche permet de déplacer le débat sur les rapports masculin/féminin, ramenant ainsi les roles et les statuts assignés à chaque sexe aux logiques sociales et culturelles qui les sous-tendent. Elle va à l’encontre de certaines évidences et notions du sens commun et impliquent les ròles et les statuts des sexes puisqu’ils font écho à des représentations culturelles ne reflétant nullement les compétences réelles des hommes et des femmes.
Ce genre d’action permet aussi d’agir sur les mécanismes et les institutions qui accomplissent le travail de reproduction de l’ordre établi, qui rendent tolérable l’intolérable et transforment le culturel en naturel. Il ne s’agit pas d’un changement de cap quant à la lutte du mouvement associatif féminin, car l’unité domestique constitue toujours un haut lieu de discrimination et de violence, mais de l’ouverture d’un champ d’action riche en symboles et représentations conservatrices fondées uniquement sur des atavismes culturels auxquels on a conféré une espèce de sacralité.
C'est ainsi que l’option pour des démarches qui prennent comme cible les mentalités s’inscrit dans l’évolution irreversible vers l’édification d’une société moderne, une société fondée non pas sur des concepts tels l’autorité, la prééminence d’un sexe sur l’autre, la dépendance, la subordination et la coercition mais sur le respect mutuel, la dignité et l’égalité.
Il convient de souligner que la période sur laquelle s’étend le rapport a connu de nombreuses autres activités, beaucoup d’entre elles ont une dimension pédagogique certaine qui renforce indéniablement les actions directes pour l’éducation à l’égalité.
L’UAF, l’AMDF, AMALE, la LDDF, Ribat Al Fath, la Fondation Zakoura, les sections féminines des différents partis politiques, la section casablancaise de l’ADFM et bien d’autres associations ont continué à oeuvrer, en organisant ateliers et diverses rencontres sanctionnés par des recommandations, pour que soit levées les injustices faites aux femmes à travers les lois et les pratiques. Elles ont également redoublé d’efforts pour continuer la lutte contre le fléau de l’analphahétisme qui frappe les fìlles et les femmes.
Le fait nouveau au cours de cette année est que le cinéma s’est joint aux ONG pour attirer l’attention sur la question de la femme et sa condition. La sortie sur les écrans marocains d’un film qui brasse des aspects majeurs de cette problématique a été un événement. Sorti le 4 mars 1998, le film a battu tous les records d’affluence pour une production marocaine: 375.000 entrées jusqu’au 25 décembre de la meme année. Entièrement consacrée à la violence contre la femme à travers l’histoire de quatre destins, le deuxième long métrage du cinéaste Saàd Chraibi, intitulé d’ailleurs Femmes et…Femmes, n’a pas omis d’évoquer la lutte du mouvement associatif féminin pour améliorer la condition de la femme. Les dialogues, d’une bonne facture et d’une grande sensibilité, portent la signature d’une femme journaliste, Fatéma Loukili.
Fait inédit, Femmes et... Femmes a été programmé pour une tournée, lors de la campagne "Non à la violence". Il s’est produit dans 17 villages et petites villes. Hormis le circuit commercial, de nombreuses associations féminines et professionnelles ont organisé des projections du film quasiment dans toutes les grandes villes marocaines, dans un but de sensibilisation.
C’est sous un angle différent, celui du comique, que le cinéaste Mohamed Abderrahmane Tazi avait abordé la thématique de la femme. Dans son film, A la recherche du mari de ma femme, programmé par la première chaine le 24 juillet 1997, les personnages féminins dans ce film, trois épouses d’un mari polygame, sont des femmes sùres dtelles, solidaires et débrouillardes face à un mari pret à tout pour satisfaire ses instincts.
Mais c’est Fatima Jebli Ouazzani, cinéaste marocaine installée en Hollande, qui est allée plus loin dans l’emploi du "fait image" pour illustrer, à travers un beau film, à mi chemin entre le documentaire et la fiction, la violence à l’égard de la femme. Fatima a "osé" exprimer le non-dit sur la virginité. Les narrateurs étaient ses propres grandsparents. La cinéaste a obtenu le grand prix du 5e Festival national du film (FNF) qui a eu lieu au mois de novembre 1998 à Casablanca.
VI. Conclusions/Recommandations
Il ressort de ce qui précède que le chemin pour atteindre l’égalité des sexes semble ardu. Les écueils se profilent non seulement à travers les obstacles traditionnels sur lesquels l’amélioration de la condition de la femme achoppe, mais aussi à travers l’éducation traditionnelle. Les visions intériorisées par l’homme et la femme à partir des pratiques, des coutumes, des rites et faits linguistiques contribuent, par leurs contenus symboliques, à enraciner dans l’imaginaire collectif les roles traditionnels qu’il convient à l’homme comme à la femme de remplir.
Cette mise en condition s’opère très tòt à travers les activités ludiques, la perception du corps, l’espace assigné... Ces conceptions seront renforcées dans le milieu social par d’autres paramètres comme les proverbes, les faits linguistiques qui érigent la suprématie du masculin sur le féminin en norme absolue ne devant souffrir d’aucune remise en question.
Si la télévision a influé sur certaines habitudes, le changement n’a porté que sur le superficiel et non l’essentiel, car cette institution ne fait que répercuter la vision stéréotypée des deux sexes sur une large échelle puisqu’elle a le pouvoir de s’adresser à un public de tous les ages, lettré ou analphabète, par l’image et la parole et à chaque instant. C’est dire la mesure de son pouvoir de faconner les comportements.
La télévision ne fait que cautionner l’idéologie patriarcale couplée de l’éducation traditionnelle en "usant de son pouvoir pour convertir l’intolérable en familier et le saugrenu en acceptable" (23). Le discours véhiculé ne cesse, alors, de rappeler à la femme qu ‘elle ne doit pas perdre de vue son role traditionnel et que ce dernier prime sur tous ceux qu’elle pourrait étre amenée à exercer comme cadre, syndicaliste ou femme politique.
S’agissant du manuel scolaire, il s’avère que l’école est un lieu privilégié de régénération des perceptions d’autres institutions comme la famille à propos de la division des taches. Ces manuels tels qu’ils sont concus constituent une courroie de transmission efficiente des attitudes passéistes qui ne manqueront pas d’influer sur les attitudes des jeunes au-delà de la durée de leur scolarité. Ils favorisent ainsi l’enracinement de la discrimination sexuelle parmi les élèves d’autant plus qu’ils ne relatent guère la dynamique sociale engendrée, entre autres, par l’investissement de la femme des champs économiques et scientifiques et, dans une moindre mesure, politique. A force de matraquage comme instrument pédagogique, l’élève masculin ne peut devenir que sexiste, et la fille que soumise.
Partant de ce constat, ces appareils d’Etat ne peuvent prétendre à une quelconque contribution dans les acquis de la femme, non plus dans sa quète pour une meilleure visibilité. Celle-ci, elle ne la doit en premier lieu qu’à ses propres efforts et au soutien de la société civile. D’ailleurs, le fonctionnement de la télévision et de l’école, comme relais à la violence symbolique à l’égard de la femme, est pour beaucoup dans l’immobilisme des mentalités et l’hostilité à toute velléité visant l’instauration de l’égalité des sexes.
Recommations
Toute démarche gouvernementale sur les questions de développement social doit s’appuyer sur l’approche genre et émaner de celle-ci afin de revaloriser l’image de la femme dans la société.
1. Médias
Vu le taux d’analphabétisme et l’impact de l’héritage patriarcal, les médias, notamment la télévision et la radio, ont un ròle primordial à jouer au niveau de la conscience collective en introduisant dans les programmes de nouvelles formes de symboles culturels et d’expression sociale dénués de toute discrimination sexuelle implicite ou explicite.
L’information et l’éducation en rapport avec les problèmes spécifiques de la femme doivent etre renforcées par le biais de productions audiovisuelles qui captent le public et dont le message serait aisément saisissable par ce demier.
Le débat au sein des médias concernant la manière dont la femme est présentée et son image exploitée à des fins commerciales doit etre encouragé. Dans ce cadre, sa condition et son apport à la société doivent faire l’objet de reportages approfondis et fiables.
La mobilisation des associations féminines et des ONG doit etre renforcée pour contrebalancer l’impact de l’image humiliante de la femme véhiculée par la télévision.
L’instauration d’un partenariat avec les médias, notamment audiovisuels, est à encourager.
La sensibilisation des associations professionnelles des annonceurs et des agences de publicité à respecter les codes de déontologie et adopter des normes élevées pour la promotion d’un produit fait par des femmes.
L’introduction dans les écoles de programmes sur les stéréotypes et les problèmes liés au sexe pour apprendre aux élèves à "déchiffrer" les médias afin de pouvoir décoder les messages et devenir des téléspectateurs critiques et conscients.
La nécessité pour les chaines publiques d’instaurer des mécanismes de contròle des programmes de manière à préserver la dignité de la femme; la liberté d’expression et de création devant aller de pair avec d’autres droits humains fondamentaux
La nécessité de faciliter aux femmes l’accès aux médias en tant que sources mais aussi pour s’exprimer et participer aux différentes émissions soit en tant que citoyennes ou en tant que journalistes lorsqu’il s’agit d’émissions de débat.
Les administrateurs des médias doivent observer une politique non discriminatoire dans le traitement de l’information en évitant le sensationnel et le tendancieux basés sur des stéréotypes préjudiciables à la femme.
L’organisation par les associations féminines et les ONG des droits humains d’activités et de rencontres en commun avec les associations de journalistes (le Syndicat National de la Presse Marocaine, l’Association des Anciens Lauréats de l’Institut d’Information et de Communication, le Club de la Presse...) et des annonceurs autour de l’image de la femme dans les médias et la portée de la violence symbolique contre elle.
2. Ecole
Il est impératif de procéder à une refonte des contenus des manuels scolaires de manière à ce que textes et illustrations reflètent la réalité sociale et véhiculent les valeurs d’égalité, de dignité et de respect mutuel.
La nécessité urgente de mettre l’accent, alors que l’introduction de l’enseignement des Droits de l’homme est à l’ordre du jour, sur les Droits de la femme comme partie intégrante des Droits humains
L’organisation d’ateliers de formation en faveur des jeunes, des enseignants et des responsables des établissements scolaires (24) autour des thèmes de civisme, de citoyenneté et d’égalité.
La nécessité d’oeuvrer pour que l’école soit également pour l’élève un espace d’expression et d’interrogation sur les choses du monde dans le but d’ouvrir son imaginaire sur d’autres visions et d’autres cultures.
Le gouvernement devrait appuyer les efforts déployés par les associations féminines et les ONG qui oeuvrent pour l’égalité des sexes et les considérer comme partenaires privilégiés dans toute initiative concernant la femme et l’éducation à l’égalité des sexes.
3. ONG
Les ONG doivent poursuivre la coordination de leurs actions pour une véritable reconnaissance de l’identité de la femme et pour la réduction des inégalités
Elles doivent faire preuve de vigilance et explorer d’autres moyens de pression sur les médias et pouvoirs publics en vue de mettre en valeur l’image de la femme en tant qu’acteur de développement et en tant que citoyenne et combattre les visions stéréotypées qui font d’elle un etre inférieur.
La sensibilisation des jeunes doit étre placée comme une priorité dans leur action, vu l’ampleur des atavismes engendrés par l’éducation traditionnelle qui les a conditionnés de manière à ne voir la femme, souvent, sous un angle réducteur.
_______________________________
(23) Dominance et différence, essai sur les enjeux symboliques, Ahmed Boukous, éd. le Fennec, janvier 1999
(24) Dans certains collèges et lycées de Casablanca, la mixité est implicitement interdite: les élèves, selon leur sexe, n’empruntent pas les mémes escaliers et dans les salles de cours les garcons occupent les places de devant au nom de ce que certains responsables ou enseignants appellent l’"lmma" en Islam.
|